Apprendre en s’amusant : 3 clés pour des apprentissages ludiques

Apprendre en s’amusant : 3 clés pour des apprentissages ludiques

Peut-on tout apprendre en s’amusant ? Oui, j’en suis convaincue. Et si l’idée d’apprendre par le jeu a toujours été une évidence pour moi, de façon instinctive, je n’ai vraiment compris à quel point le jeu est un support d’apprentissage puissant qu’à partir du moment où nous avons commencé l’instruction en famille.

 

Le jeu et l’instruction en famille

Lorsque nous avons commencé l’instruction en famille, Pomponette n’avait pas encore l’âge de l’instruction obligatoire. Alors à ce moment-là, je ne me suis pas coupée les cheveux en quatre pour savoir s’il fallait un support ou une méthode, ou même savoir si j’allais être à la hauteur.

Il suffisait de continuer à faire ce qui fonctionnait depuis toujours avec mes enfants, des apprentissages informels la plupart du temps et se poser lorsqu’il le faut pour étudier sérieusement les questions plus académiques, voire hautement philosophiques 😉

« Combien ça fait trois-mille-dix-cent-douze plus cinq ? »

« Comment ça s’écrit « pestacle » ? »

« Pourquoi les nuages ils sont pas roses tout le temps ? »

« Pourquoi les oiseaux ils ont pas de mains au bout de leurs ailes ?»

« C’est pas parce qu’on voit pas les licornes en vrai qu’elles existent pas. C’est comme les microbes, ils font moucher quand même.»

Et puis, est venu l’âge de l’entrée en CP. Outre l’obligation d’instruction, il fallait rassurer nos proches dont certains devaient déjà s’imaginer une Pomponette illettrée et associable (déjà que sa mère l’oblige à manger bio, pauvre enfant !).

Bref, nous avions souscrit aux cours du CNED pour l’année de CP. Je ne vais pas détailler ici notre expérience avec le CNED, ce n’est pas le sujet de cet article (mais dites-moi si cela vous intéresse, j’écrirai spécialement sur le sujet) mais, pour résumer, cela a été une grosse erreur !

En moins d’un trimestre, nous sommes passés d’une Pomponette version petite-fille-curieuse-de-tout-qui-adore-apprendre à Pomponette version petite-fille-démotivée-pour-qui-apprendre-est-une-contrainte.

La claque. Passez-moi l’expression mais… La claque.

Nous avons donc délaissé le CNED pour faire les choses à notre manière : des leçons basées sur les centres d’intérêt de la demoiselle, une bonne dose d’enseignement informel et, surtout, beaucoup, beaucoup de jeu.

Oui, Gwen, tu es gentille mais, en pratique, comment je fais, moi, pour enseigner par le jeu les compétences indispensables à mes enfants ?

Venez, je vous explique 😊

 

Tout est un jeu !

Règle n°1, pour aider vos enfants à apprendre par le jeu, il faut vous-même réapprendre à jouer.

Souvenez-vous lorsque vous étiez enfant, vous aviez cette faculté inouïe à voir le jeu qui se cachait derrière chaque objet ou chaque situation. Oui, c’est un des super-pouvoirs des enfants. Mais la bonne nouvelle, c’est que vous ne l’avez pas perdu. Au pire, il est parti faire une petite sieste et il ne demande qu’à se réveiller.

Dans le quotidien que vous partagez avec vos enfants, tout peut se transformer en jeu. Mieux encore, tout peut se transformer en jeu éducatif. Carrément.

En fonction de l’âge de l’enfant et des compétences travaillées durant la période, on peut inventer un tas de petits jeux à intégrer aux tâches quotidiennes. Quelques exemples :

  • Énumérer en anglais les éléments de la tenue qu’il faut préparer pour demain et laisser l’enfant sélectionner les vêtements correspondants : « Blue dress, yellow jacket… »
  • Demander à l’enfant d’aller chercher un objet, sans lui préciser lequel mais en l’orientant par rapport au cadran horaire : «  À 3h, avance de 3 pas, tourne à 6h… »
  • Faire des maths en cuisine : « Si tu arrives à calculer la quantité qu’il faut de chaque ingrédient pour doubler la recette, on prépare deux fois plus de cookies pour le goûter. »
  • Travailler la lecture en épelant le nom de l’objet à aller chercher, ou bien le vocabulaire avec des formules ressemblant à des devinettes : « Nous aurons besoin de f-a-r-i-n-e, s’il-te-plaît » ou « Peux-tu aller chercher les fragments issus de la cabosse du cacaoyer ? »
  • Le GPS humain : sur un chemin qu’il connaît, laissez l’enfant vous indiquer la direction façon GPS : « Tourne à droite, en direction de… » (les plus petits se contentent de droite-gauche-tout droit ; les plus grands lisent les panneaux)

Et bien sûr, ce n’est pas toujours à vous de donner les consignes ou de poser les questions, c’est plus drôle de pouvoir inverser les rôles.

 

Détourner les grands classiques en supports d’apprentissage

La plupart des jeux classiques peuvent être détournés de façon à faire travailler une compétence particulière.

C’est exactement ce que j’ai fait avec :

Et j’en ai bidouillé des dizaines d’autres qui ne se sont jamais retrouvés sur tiDudi parce qu’ils étaient fabriqués à la main ou que je ne leur avais pas fait un joli design, mais ce n’est pas grave, ils n’ont même pas besoin d’être jolis !

Memory, Dobble, Bataille navale, Jeu de l’oie, Jeu des familles, Qui est-ce ?… Tous ces grands classiques peuvent devenir des outils pédagogiques.

Par exemple, ici, nous avons utilisé :

  • Le Memory pour apprendre les sons ou du vocabulaire anglais, et bien sûr travailler la mémorisation,
  • Le Dobble pour pratiquer le calcul mental, reconnaître les différentes graphies, tout en exerçant le sens de l’observation,
  • La Bataille navale pour le calcul ou la conjugaison,
  • Le Jeu de l’oie pour les lettres et les sons,
  • Le Jeu des familles pour le vocabulaire français, anglais ou espagnol,
  • Qui est-ce ? pour les langues également…

Bref, tous ces jeux sont très simples à customiser et permettent des révisions ludiques.

 

Apprendre en jouant à des jeux de société

Si vous étiez encore réfractaires aux jeux de société, vous avez maintenant une bonne raison de vous y mettre 😉

Les jeux de société sont des outils absolument extraordinaires pour développer ce qu’on appelle les intelligences multiples.

Les intelligences multiples ?

Allez, je vous fais un petit focus rapide mais si cela vous intéresse, il faudra revenir sur le sujet car la théorie des intelligences multiples mérite bien un article à elle toute seule.

Pour faire court, elle propose de considérer qu’il n’existe pas une seule forme d’intelligence mais plusieurs et que chaque être humain peut disposer de sa propre palette d’intelligences, avec ses points forts et ses points faibles.

Vous connaissez la célèbre citation d’Einstein : « Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » ?

Nous sommes dans la même logique, à une nuance près, tout le monde n’est pas champion dans la même catégorie d’intelligence mais ce n’est pas parce qu’une forme d’intelligence est notre point faible qu’on ne peut pas la développer.

Voici les 8 formes d’intelligence classifiées par la théorie des intelligences multiples :

  • L’intelligence linguistique
  • L’intelligence logico-mathématique
  • L’intelligence intrapersonnelle
  • L’intelligence interpersonnelle
  • L’intelligence visuo-spatiale
  • L’intelligence kinesthésique
  • L’intelligence musicale
  • L’intelligence naturaliste

 

Et le jeu de société dans tout ça ?

De nos jours, le catalogue dans l’univers du jeu de société est d’une extraordinaire diversité. Et tous ces jeux divers et variés vont venir stimuler diverses formes d’intelligence.

En nous soumettant à des problématiques et des défis, comme dans la vraie vie mais sans les enjeux de la vraie vie, le jeu de société permet d’exercer des compétences réelles, sans risque en cas d’échec mais avec une satisfaction et un gain de confiance en soi palpables en cas de réussite.

Il y a des jeux avec lesquels nous sommes tout de suite à l’aise. Par exemple, vous êtes peut-être balèze au Scrabble, parce que l’intelligence linguistique est l’un de vos points forts.

Et puis, il y a des jeux qui procurent un sentiment d’inconfort. Peut-être qu’au Time’s Up ! vous ne vous sentez pas du tout à l’aise lorsqu’il faut mimer, parce qu’il titille votre point faible : l’intelligence kinesthésique.

Est-ce que ça signifie que vous êtes condamné(e) à jouer aux mêmes types de jeux ad vitam aeternam ? Bien sûr que non.

Il en est de même pour vos enfants, en leur proposant une offre diversifiée de jeux de société vous leur permettez de solliciter et donc d’entraîner leurs différentes formes d’intelligence.

Certains jeux procureront immédiatement du plaisir à un enfant, ce sont les jeux qui sollicitent ses « intelligences dominantes ».

Pour d’autres jeux, il décidera qu’il ne les aime pas ou qu’ils sont trop compliqués, parce qu’ils viennent titiller ses points faibles.

Ce n’est pas grave, proposez-lui d’autres jeux, et s’il est partant, retentez l’expérience plus tard avec le jeu qui l’a chagriné.

Mais n’insistez pas, imposer serait contre-productif. Le jeu doit toujours être associé à la notion de plaisir.

C’est même sa définition dans le dictionnaire : « Activité non imposée à laquelle on s’adonne pour se divertir, en tirer un plaisir. »

Vécu sans enjeu ni contrainte, le jeu de société est une expérience à la fois intellectuelle, sensorielle et affective qui permet de développer de multiples compétences et de nourrir la confiance en soi de l’enfant.

Dans la tiDudi Family, il n’y a pas une seule semaine sans jeux de société 😉

Allez, on résume !

Les 3 règles d’or du jeu comme outil pédagogique :

  • Proposez des jeux divers et variés qui, cumulés, solliciteront l’ensemble des intelligences.
  • Jouez régulièrement pour développer les compétences et nourrir la confiance en soi de l’enfant.
  • N’imposez rien, le jeu doit toujours être synonyme de plaisir.

 

J’ai essayé de faire court en résumant les 3 grandes lignes directrices que j’utilise au quotidien pour aider mes enfants à apprendre tout en s’amusant. Si vous souhaitez que je détaille davantage, dans la pratique, n’hésitez pas à me dire en commentaire les sujets que vous aimeriez approfondir 🙂

Et vous, quels sont vos jeux préférés pour les apprentissages ludiques ?


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3 clés pour aider les enfants à apprendre en jouant. tiDudi
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